http://urantia.cosmogonie.fr/4eme/ - Fascicule 180

Quand la règle d'or -- aimez-vous les uns les autres comme le Maître nous a aimés -- est dépourvue de la clairvoyance supra-humaine de l'Esprit de Vérité, elle n'est rien de plus qu'une règle de conduite hautement éthique. Quand la règle d'or de sagesse est interprétée à la lettre, elle peut devenir un instrument outrageant pour vos compagnons.
Si vous ne la discernez pas par l'esprit, vous pouvez tenir de faux raisonnements; par exemple, si vous désirez que tous les hommes vous disent pleinement et franchement le fond de leur pensée, vous croirez devoir leur dire pleinement et franchement le fond de la vôtre. Cette interprétation non spirituelle de la règle d'or peut aboutir à des malheurs indicibles et à des chagrins sans fin.
Certaines personnes discernent et interprètent la règle d'or comme une affirmation purement intellectuelle de la fraternité humaine. D'autres éprouvent cette expression des relations humaines comme une satisfaction émotive des tendres sentiments de leur personnalité. D'autres prennent la règle d'or comme étalon pour mesurer toutes les relations sociales; elles en font un critère de la conduits sociale.
D'autres encore la considèrent comme l'injonction positive d'un grand instructeur moral qui a incorporé dans son énoncé le plus haut concept d'obligation morale concernant toutes les relations fraternelles. Dans la vie de ces êtres moraux, la règle d'or devient le centre de leur sagesse et la circonférence de toute leur philosophie.
Dans la confraternité des croyants qui connaissent Dieu et aiment la vérité, la règle d'or revêt des qualités vivantes d'épanouissement spirituel sur des niveaux supérieurs d'interprétation. Les fils mortels de Dieu considèrent alors que cette injonction du Maître leur commande d'établir leurs relations humaines de telle sorte que leurs compagnons retireront de leur contact avec les croyants le plus grand bienfait possible. L'essence de la vraie religion est d'aimer son prochain comme soi-même.
Mais la compréhension la plus élevée et l'interprétation la plus exacte de la règle d'or consistent à prendre conscience de l'esprit de vérité de cette proclamation divine dans sa réalité permanente et vivante. La vraie signification cosmique de cette règle de relations universelles ne se révèle que si on la comprend par l'esprit, que si l'esprit du Fils interprète la règle de conduite à l'esprit du Père qui habite l'âme humaine.

Quand les mortels ainsi dirigés par l'esprit comprennent la véritable signification de la règle d'or, ils débordent de l'assurance qu'ils sont citoyens d'un univers amical, et leurs idéaux de réalité spirituelle ne sont satisfaits que s'ils aiment leur prochain comme Jésus nous a tous aimés. Telle est la réalité de l'amour de Dieu clairement compris.
Pour espérer saisir convenablement l'enseignement et la pratique du Maître concernant la non-résistance au mal, il faut percevoir cette même philosophie de flexibilité vivante et d'adaptabilité cosmique de la vérité par rapport aux besoins et aux aptitudes de chaque fils de Dieu. L'enseignement du Maître est fondamentalement une proclamation spirituelle.
Même les implications matérielles de sa philosophie ne sauraient être utilement prises en considération en dehors de leurs corollaires spirituels. L'esprit de l'injonction du Maître consiste à ne pas opposer de résistance aux réactions égoïstes d'autrui envers l'univers, et en même temps à atteindre activement et progressivement les niveaux de droiture où se situent les vraies valeurs spirituelles: la beauté divine, la bonté infinie, et la vérité éternelle -- connaître Dieu et lui ressembler de plus en plus.
L'amour et le désintéressement doivent constamment subir dans leurs relations une vivante adaptation interprétative conforme aux directives de l'Esprit de Vérité. Il faut que l'amour saisisse ainsi les concepts changeants et toujours plus étendus du bien cosmique le plus élevé pour la personne qui est aimée.

Ensuite l'amour continue en observant le même comportement envers toutes les personnes susceptibles d'être influencées par les rapports vivants et croissants de l'amour d'un homme dirigé par l'esprit pour d'autres citoyens de l'univers. Toute cette adaptation vivante de l'amour doit être effectuer en tenant compte à la fois de l'ambiance résultant du mal présent, et du but éternel de perfection de la destinée divine.
Il nous faut donc clairement reconnaître que ni la règle d'or ni l'enseignement de la non-résistance ne peuvent être correctement compris en tant que dogmes ou préceptes, mais seulement en les vivant, en comprenant leur signification par l'interprétation vivante de l'Esprit de Vérité qui ordonne les contacts affectueux entre humains.
Tout cela indique clairement la différence entre l'ancienne religion et la nouvelle. L'ancienne enseignait le sacrifice de soi; la nouvelle enseigne seulement l'oubli de soi, l'épanouissement supérieur de soi dans l'union du service social et de la compréhension de l'univers. L'ancienne religion était motivée par la conscience de la peur.
Le nouvel évangile du royaume est dominé par la conviction de la vérité, l'esprit de la vérité éternelle et universelle. Dans l'expérience vivante des croyants au royaume, aucune somme de piété ou de fidélité à un credo ne peut compenser l'absence de la bienveillance spontanée, généreuse et sincère, qui caractérise les fils du Dieu vivant nés d'esprit. Nulle tradition, nul système cérémoniel de culte officiel ne peuvent remplacer le manque de compassion sincère pour vos semblables.